Art of (free software) war

Posted in Général by Nap on April 18, 2010 9 Comments
Ce texte fait suite à la lecture de trois ouvrages : « Richard Stallman et la révolution du logiciel
libre », « L’art de la guerre » de Sun Tzu, et « Traité de l’efficacité » de François Jullien. Si le
premier est une oeuvre bien connue des acteurs du monde du libre, les deux dernières méritent
également d’être lues. L’art de la guerre est le grand classique sur la vision des affrontements du
point de vue chinois. Le second en est un approfondissement. Il présente les pensés occidentales et
orientales de l’efficacité de la guerre, mais aussi plus généralement de toute activité humaine. Ce
sont justement ces idées que je vais tenter d’appliquer au monde du libre. Je n’ai fait que tenter
d’appliquer ce qu’il explique si bien à notre environnement.

Lors de la lecture de la biographie de Richard Stallman sortie dernièrement (et dont je recommande chaudement la lecture), un chapitre m’a un peu interpellé : celui qui montre la différence entre le mouvement Open Source et celui du Logiciel Libre.

L’Open Source se concentre sur l’obtention de logiciels les plus performants et stables possibles. C’est une vue purement technique qui pense que la méthode de développement ouverte est la plus performante possible. Ils s’opposent ainsi aux logiciels privateurs en proposant des logiciels ouverts performants.

Le Logiciel Libre repose quant à lui sur la sauvegarde des libertés des utilisateurs. Le fait d’avoir des logiciels au code ouvert n’est qu’une nécessité pour arriver à ce but. Ce n’est pas l’objectif final. Sa principale méthode reste la persuasion sur l’importance de la sauvegarde des libertés. Il s’oppose également aux logiciels privateurs.

J’ai cherché à savoir lequel était le plus “efficace” dans cette guerre face aux logiciels privateurs. Pour cela, j’ai fais un parallèle entre ces deux protagonistes et les méthodes occidentale et chinoise de la stratégie. Les idées utilisées pour décrire l’efficacité de ces dernières sont celles de l’essai “Traité de l’efficacité” de François Jullien (disponible ).

Au final, on voit que le logiciel libre est plus efficace dans cette guerre que le mouvement open source. Ceux qui veulent savoir pourquoi peuvent accéder à cette étude sur ce lien : étude sur l’art de la guerre appliqué au logiciel libre. Une version PDF est également disponible là.

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Trackbacks Comments
  • Open source, Logiciel libre, deux sabres dans la guerre contre la privation de liberté et de propriété de données. Il ne reste plus qu’à lire le traité des cinq roues de Musashi Miyamoto pour apprendre à utiliser les deux en coordination. ;)

  • goom:

    Mouais …
    Cette opposition open-source et logiciel libre m’agace un peu tant elle est ténue. Dans l’étude donnée en lien, des projets comme Firefox ou le noyau Linux sont classés dans l’open-source, moi qui pensais bêtement que la licence GPL v2 sous laquelle est diffusé le noyau Linux était une licence pour logiciel libre (issue de la Free Software Foundation faut-il le rappeler). Toujours dans le même document “L’Open Source consiste à fournir le code des programmes informatiques afin que tout-à-chacun puisse les étudier, les modifier et les redistribuer comme il le souhaite.” et quels sont les 4 libertés théorisées des logiciels libres ? Utiliser le LL, l’étudier, le modifier et le redistribuer ! Mais où est donc la différence alors ?
    Soyons pragmatique, les logiciels libres ou open-source sont utilisés quand ils fonctionnent mais également quand ils sont connus. Les exemples sont nombreux de logiciels libres (ou open-source) valant largement des équivalents propriétaires mais n’étant pas connus (notamment parce que n’existant pas sous windows), un digikam, un amarok, un K3b, etc valent largement les équivalents propriétaires.

    • Nap:

      Mais là ne ne fait que parle d’open source justement. Là est toute la différence entre les deux mouvements.
      Si tu ne regardes que ce qui est “produit” oui, il n’y a pas de différence : un programme ouvert est un programme ouvert. Mais c’est le discours qui va autour qui compte vraiment.

      L’open source s’arrête sur ces considérations purement techniques de batailles entre le programmes. La logiciel libre ne parle pas de programme, il parle de libertés à sauver, ce qui passe par des logiciels ouvert (mais pas que).

      Dans le texte, j’essaie de démonter lequel est le plus efficace dans cette guerre. Bien sûr l’open source peut y arriver seul, mais à quel prix? Ceci nécessite des efforts surhumain (heureusement, il y a du monde derrière) pour se propager (ou plutôt maintenir) dans le temps et l’espace. Problème que n’a pas le logiciel libre.

      Par contre l’exposition des médias est importante comme évoquée dans le texte, ce qui nécessite un rapprochement des deux partis.

      PS: Amarok est tellement intéressant que même Songbird fuit la plate forme où il est :)

    • Bonsoir,

      La différence entre opensource et logiciels libre n’est peut être pas visible au premier coup d’oeil mais elle est très importante. Les deux ont des buts vraiment différents. La philosophie des logiciels libres va beaucoup plus loin que l’opensource et c’est ce qui fait sa richesse.
      L’opensource a une visée purement technique. Le but est d’obtenir le logiciel le plus performant possible, le plus abouti techniquement.
      Le logiciel libre a lui une visée philosophique qui va d’ailleurs beaucoup plus loin que l’informatique. RMS parle d’égalité, liberté et fraternité (voir ses conférences). A mon avis, le logiciel libre n’est qu’une étape vers un monde plus libre. C’est un outil pour porter ces valeurs (égalité, liberté et fraternité) dans le reste de notre vie.

      Le logiciel libre, le mouvement du libre, c’est une philosophie de vie, pas seulement un concept informatique.

      Encore une fois, félicitations pour cet écrit très intéressant.

  • mydjey:

    Je viens aussi de faire une lecture très intéressante sur le thème des logiciels libres. Le livre s’appelle “Économie du Logiciel Libre” il est écrit par François Elie.
    Il explique très bien le principe des copyleft fort, faible ou absent.
    L’auteur décris aussi, d’une manière très pointu les différentes phases qu’a connu le développement du logiciel libre.
    On comprend à la fin du livre que le combat caricatural qui opposait Microsoft à GNU/Linux est en train de se terminer. Le développement de soft passera de plus en plus par des licences ouvertes, mais une nouvelle menace plane sur le monde du libre, c’est ce que l’auteur nomme le propriétaire 2.0.
    Tout au long du bouquin François Elie montre l’interaction complexe des communautés qui gravitent autour du logiciel libre : Communautés d’amateurs, communautés de professionnels et communautés de clients.
    Livre de bien des manières primordiale pour comprendre l’avenir de l’informatique libre ou pas.

  • Nap:

    Voici un bon exemple de ce qu’il faut avoir : http://forums.ryzom.com/showthread.php?t=34928
    Le MMORPG Ryzom passe en licence libre (AGPL), et les artworks avec (ce qui est très rade!). Un gain complet pour le logiciel libre. Future success storie du libre?